Qu’est-ce que la Convention d’Istanbul ?

Maintenant, vous savez

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Qu’est-ce que la Convention d’Istanbul ?

Maintenant, vous savez

Qu’est-ce que la Convention d’Istanbul ? Merci d'avoir posé la question !

Les féminicides sont un véritable fléau mondial. En France, 146 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon, en 2019, selon des chiffres publiés par le ministère de l’Intérieur, le 17 août 2020. Le collectif "Féminicides par compagnon ou ex" en avait recensé 152. En 2020, il y a aurait déjà eu 58 féminicides selon ce même collectif. La convention d’Istanbul est un traité international du Conseil de l’Europe. Signée le 11 mai 2011 à Istanbul, en Turquie, par 45 pays, et entrée en vigueur le 1er août 2014, la convention d’Istanbul est le premier instrument juridique contraignant à l’échelle européenne pour lutter contre les violences faites aux femmes. Elle doit permettre la protection des victimes et la poursuite des coupables. Fin juillet 2020, la Turquie a annoncé son souhait de se retirer de cette convention. C’était pourtant le premier pays à la ratifier, le 14 mars 2012. Une annonce choquante, qui intervient alors que le nombre de féminicides ne cesse d’augmenter en Turquie. Depuis le début de l’année 2020, au moins 239 femmes ont été assassinées. Selon l’association turque « Nous stopperons les féminicides », 3100 féminicides ont eu lieu depuis 2010.

Quelles sont les réactions en Turquie ? 

Cette annonce inquiète les militantes féministes turques, et notamment l’association Femmes et démocratie, présidée par la fille du président turc Erdogan. Lui, a dénoncé « un accord, une réglementation ou une idéologie pas légitime, allant à l’encontre des fondations de la famille ». Quelques semaines avant, c’était la Pologne. Fin juillet 2020, le ministre de la Justice polonais conservateur a annoncé, lors d’une conférence de presse, son choix de se retirer de la convention. Il estime que le texte contient « des éléments de nature idéologique » jugés « nuisibles ». Il a aussi ajouté que la convention d’Istanbul s’oppose aux droits des parents, puisqu’elle demande aux écoles d’enseigner aux enfants l’égalité entre les femmes et les hommes. Au moment de la ratification du traité, en 2015, la Pologne était gouvernée par une coalition centriste. L’actuel ministre de la justice s’y opposait déjà, la jugeant comme « une création féministe visant à justifier l’idéologie gay ». Rien n’est encore fait, mais une procédure de retrait pourrait être entamée prochainement.

Et qui est à l’origine de ce texte ? Pourquoi est-il apparu si tard ? Qu'est-ce qui compose exactement cette convention et pourquoi fait-elle débat dans certains pays ? Ecoutez la suite dans cet épisode de "Maintenant vous savez".

A écouter aussi :

Qu'est-ce qu'un féminicide ?

Qu'est-ce que le féminisme ?

Qu'est-ce qu'un régime autoritaire ?

Vous pouvez réagir à cet épisode sur notre page Twitter.

 

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Les féminicides sont un véritable fléau mondial. En France, 146 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon, en 2019, selon des chiffres publiés par le ministère de l’Intérieur, le 17 août 2020. Le collectif "Féminicides par compagnon ou ex" en avait recensé 152. En 2020, il y a aurait déjà eu 58 féminicides selon ce même collectif. La convention d’Istanbul est un traité international du Conseil de l’Europe. Signée le 11 mai 2011 à Istanbul, en Turquie, par 45 pays, et entrée en vigueur le 1er août 2014, la convention d’Istanbul est le premier instrument juridique contraignant à l’échelle européenne pour lutter contre les violences faites aux femmes. Elle doit permettre la protection des victimes et la poursuite des coupables. Fin juillet 2020, la Turquie a annoncé son souhait de se retirer de cette convention. C’était pourtant le premier pays à la ratifier, le 14 mars 2012. Une annonce choquante, qui intervient alors que le nombre de féminicides ne cesse d’augmenter en Turquie. Depuis le début de l’année 2020, au moins 239 femmes ont été assassinées. Selon l’association turque « Nous stopperons les féminicides », 3100 féminicides ont eu lieu depuis 2010.

Quelles sont les réactions en Turquie ? 

Cette annonce inquiète les militantes féministes turques, et notamment l’association Femmes et démocratie, présidée par la fille du président turc Erdogan. Lui, a dénoncé « un accord, une réglementation ou une idéologie pas légitime, allant à l’encontre des fondations de la famille ». Quelques semaines avant, c’était la Pologne. Fin juillet 2020, le ministre de la Justice polonais conservateur a annoncé, lors d’une conférence de presse, son choix de se retirer de la convention. Il estime que le texte contient « des éléments de nature idéologique » jugés « nuisibles ». Il a aussi ajouté que la convention d’Istanbul s’oppose aux droits des parents, puisqu’elle demande aux écoles d’enseigner aux enfants l’égalité entre les femmes et les hommes. Au moment de la ratification du traité, en 2015, la Pologne était gouvernée par une coalition centriste. L’actuel ministre de la justice s’y opposait déjà, la jugeant comme « une création féministe visant à justifier l’idéologie gay ». Rien n’est encore fait, mais une procédure de retrait pourrait être entamée prochainement.

Et qui est à l’origine de ce texte ? Pourquoi est-il apparu si tard ? Qu'est-ce qui compose exactement cette convention et pourquoi fait-elle débat dans certains pays ? Ecoutez la suite dans cet épisode de "Maintenant vous savez".

A écouter aussi :

Qu'est-ce qu'un féminicide ?

Qu'est-ce que le féminisme ?

Qu'est-ce qu'un régime autoritaire ?

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