Qu’est-ce que….euh...qui est Alan Smithee ?

Maintenant, vous savez

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Qu’est-ce que….euh...qui est Alan Smithee ?

Maintenant, vous savez

Un épisode qui déroge à la règle mais en fait pas tant que ça ! 

Alan Smithee serait le cinéaste le moins talentueux d’Holliwood ! 

Je m’explique….

Nombreux sont les réalisateurs à fuir leurs propres créations en empruntant un pseudonyme. La raison ? Un film malmené, souvent à cause de la pression des producteurs et grands studios, empêchant les cinéastes de garder un contrôle artistique sur leur projet. Parmi les pseudonymes les plus souvent utilisés, on retrouve celui d’Alan Smithee et ses variantes, Alan Smythee, Allen Smithee ou encore Adam Smithee.

Jusque dans les années 60, lorsque le tournage, le montage ou l’œuvre dans son ensemble tournait au désastre, le réalisateur était critiqué et quand, au contraire, son travail méritait récompense, c’est entre les mains du producteur que l’on remettait une statuette dorée. Et pour cause, ces derniers avaient tous les droits, le final cut d’un film étant toujours et obligatoirement soumis à leur bonne volonté.

C’est en 1955 qu’Alan Smithee fait ses débuts dans l’industrie au générique du téléfilm « The Indiscret Mrs Jarvis ». Derrière cet alias se cache Frank Burt, un réalisateur américain dont le travail avait été réduit à néant par les monteurs et producteurs souhaitant à tout prix faire correspondre le film aux standards télévisuels de l’époque. Il faudra cependant attendre 1969 pour observe r l’ascension d’Alan Smithee. Le projet “une poignée de plomb” porté par Universal change de réalisateur en cours de route, et aucun des deux réalisateurs n’assume l’oeuvre finale. On fait alors appel au syndicat des réalisateurs américains qui trouve le compromis suivant : le film sera signé Alan Smithee.

S’il est bien l’anagramme de The Alias Men, différentes histoires entourent la création de ce nom : pour certains, Smithee proviendrait du surnom donné à l’un des noms les plus portés outre-Atlantique, « Smith ».

Attention toutefois, tout le monde ne peut pas utiliser le pseudonyme et pour ce faire, une demande doit être formulée auprès du syndicat des réalisateurs américains, accompagnée d’un dossier remplissant le cahier des charges précis, avant d’être analysée par une commission spéciale créée pour l’occasion. Le simple rejet d’une œuvre n’est pas une raison valable et si la demande est acceptée, le réalisateur doit faire profil bas et ne parler sous aucun prétexte des raisons l’ayant poussé à utiliser cet alias.

Bien évidemment, de nombreux grands noms du cinéma l’ont déjà utilisé, dont Dennis Hopper, Kiefer Sutherland, David Lynch pour la version télévisée de Dune ou encore Twilight Zone. 

En 1999 sort un film relatant la carrière de Smithee et exposant la vérité sur ce pseudonyme aux yeux de tous. Coup du sort, le film est un véritable navet et est renié par son auteur qui, cherchant à le faire disparaître, arrivera à obtenir la permission d’utiliser l’alias du syndicat des réalisateurs américains. « An Alan Smithee Film : Burn Hollywood Burn » sera donc signé Alan Smithee.

Face aux critiques, le syndicat des réalisateurs américains mettra un terme à l’utilisation de l’alias dans les années 2000. Aujourd’hui, l’alias est toujours utilisé par quelques nostalgiques  et on peut le retrouver dans l’industrie musicale, vidéoludique ou littéraire.

Avec plus d’une centaine de films à son actif sur plus de 40 ans d’activité, Alan Smithee est l’un des cinéastes les plus productifs du cinéma américain, à défaut d’en être le plus talentueux. Le nom est entré dans l’histoire en permettant aux réalisateurs de faire valoir des droits sur leurs créations et d’obtenir une reconnaissance financière sur des films massacrés par l’industrie.

 

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Un épisode qui déroge à la règle mais en fait pas tant que ça ! 

Alan Smithee serait le cinéaste le moins talentueux d’Holliwood ! 

Je m’explique….

Nombreux sont les réalisateurs à fuir leurs propres créations en empruntant un pseudonyme. La raison ? Un film malmené, souvent à cause de la pression des producteurs et grands studios, empêchant les cinéastes de garder un contrôle artistique sur leur projet. Parmi les pseudonymes les plus souvent utilisés, on retrouve celui d’Alan Smithee et ses variantes, Alan Smythee, Allen Smithee ou encore Adam Smithee.

Jusque dans les années 60, lorsque le tournage, le montage ou l’œuvre dans son ensemble tournait au désastre, le réalisateur était critiqué et quand, au contraire, son travail méritait récompense, c’est entre les mains du producteur que l’on remettait une statuette dorée. Et pour cause, ces derniers avaient tous les droits, le final cut d’un film étant toujours et obligatoirement soumis à leur bonne volonté.

C’est en 1955 qu’Alan Smithee fait ses débuts dans l’industrie au générique du téléfilm « The Indiscret Mrs Jarvis ». Derrière cet alias se cache Frank Burt, un réalisateur américain dont le travail avait été réduit à néant par les monteurs et producteurs souhaitant à tout prix faire correspondre le film aux standards télévisuels de l’époque. Il faudra cependant attendre 1969 pour observe r l’ascension d’Alan Smithee. Le projet “une poignée de plomb” porté par Universal change de réalisateur en cours de route, et aucun des deux réalisateurs n’assume l’oeuvre finale. On fait alors appel au syndicat des réalisateurs américains qui trouve le compromis suivant : le film sera signé Alan Smithee.

S’il est bien l’anagramme de The Alias Men, différentes histoires entourent la création de ce nom : pour certains, Smithee proviendrait du surnom donné à l’un des noms les plus portés outre-Atlantique, « Smith ».

Attention toutefois, tout le monde ne peut pas utiliser le pseudonyme et pour ce faire, une demande doit être formulée auprès du syndicat des réalisateurs américains, accompagnée d’un dossier remplissant le cahier des charges précis, avant d’être analysée par une commission spéciale créée pour l’occasion. Le simple rejet d’une œuvre n’est pas une raison valable et si la demande est acceptée, le réalisateur doit faire profil bas et ne parler sous aucun prétexte des raisons l’ayant poussé à utiliser cet alias.

Bien évidemment, de nombreux grands noms du cinéma l’ont déjà utilisé, dont Dennis Hopper, Kiefer Sutherland, David Lynch pour la version télévisée de Dune ou encore Twilight Zone. 

En 1999 sort un film relatant la carrière de Smithee et exposant la vérité sur ce pseudonyme aux yeux de tous. Coup du sort, le film est un véritable navet et est renié par son auteur qui, cherchant à le faire disparaître, arrivera à obtenir la permission d’utiliser l’alias du syndicat des réalisateurs américains. « An Alan Smithee Film : Burn Hollywood Burn » sera donc signé Alan Smithee.

Face aux critiques, le syndicat des réalisateurs américains mettra un terme à l’utilisation de l’alias dans les années 2000. Aujourd’hui, l’alias est toujours utilisé par quelques nostalgiques  et on peut le retrouver dans l’industrie musicale, vidéoludique ou littéraire.

Avec plus d’une centaine de films à son actif sur plus de 40 ans d’activité, Alan Smithee est l’un des cinéastes les plus productifs du cinéma américain, à défaut d’en être le plus talentueux. Le nom est entré dans l’histoire en permettant aux réalisateurs de faire valoir des droits sur leurs créations et d’obtenir une reconnaissance financière sur des films massacrés par l’industrie.

 

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